Ils ont envahi les étagères et le vocabulaire beauté ; on les mélange, on les redoute, on les adore. Mais que font vraiment les acides — et comment savoir lequel est fait pour votre peau ?
En bref
Contrairement à un gommage, qui décolle les cellules mortes par friction, les acides exfoliants les dissolvent : ils rompent les liaisons qui retiennent les cellules mortes à la surface, et la peau s'en débarrasse d'elle-même. Deux grandes familles se partagent le travail. Les AHA, solubles dans l'eau, lissent et illuminent la surface. Le BHA, soluble dans l'huile, descend dans les pores pour les désincruster. Choisir le bon, c'est savoir où votre peau a besoin qu'on agisse.
Exfolier sans frotter
Pendant longtemps, exfolier a voulu dire frotter : un gommage, des micro-grains, une friction censée déloger les cellules mortes. Les acides ont changé la méthode. Plutôt que d'arracher les cellules par abrasion, ils dissolvent la substance qui les retient collées à la surface — une exfoliation sans grain, sans frottement, et souvent mieux tolérée.
Car la peau se renouvelle seule, en principe. Toutes les quatre semaines environ, ses cellules de surface se détachent pour laisser place aux nouvelles. Mais ce cycle ralentit avec l'âge, la déshydratation et le soleil, et les cellules mortes s'accumulent : le teint se ternit, le grain s'épaissit, la lumière ne passe plus. L'acide exfoliant relance ce mécanisme naturel — il dissout l'adhésion, la peau se libère, et l'éclat revient.
Reste à savoir quel acide, car ils ne descendent pas tous à la même profondeur. Et cette profondeur, curieusement, se décide sur un seul critère : leur affinité avec l'eau ou avec le gras.

Les acides exfoliants : une exfoliation sans grain, ni frottement
Les AHA : la lumière de surface
Les AHA — les acides alpha-hydroxylés — sont solubles dans l'eau. Et comme la surface de la peau contient beaucoup d'eau tandis que le sébum est gras, cette affinité les retient exactement là où ils excellent : en surface, à lisser, affiner et illuminer. C'est la famille du renouvellement, de l'éclat et du grain de peau affiné.
Ils forment une petite famille aux tempéraments distincts.
L'acide glycolique est le plus connu et le plus incisif. Sa molécule, la plus petite des AHA, pénètre vite et agit comme un peeling de surface doux : c'est l'acide des peaux épaisses, rugueuses ou ternes, qu'il révèle et illumine.
L'acide lactique est plus délicat. Naturellement présent dans la peau, il exfolie en douceur tout en retenant l'eau — une qualité humectante rare qui en fait l'AHA des peaux sensibles ou déshydratées, qui y gagnent en souplesse plutôt qu'en sécheresse.
L'acide mandélique, issu de l'amande, est l'un des plus gros AHA. Sa grande molécule pénètre plus lentement que le glycolique, ce qui rend son action progressive et particulièrement bien tolérée — un excellent choix pour les peaux sensibles qui souhaitent exfolier sans brusquer.
Les acides tartrique (issu du raisin), malique (de la pomme) et citrique (des agrumes) complètent la famille. Chacun affine le grain et ravive l'éclat, souvent en synergie les uns avec les autres ; le citrique ajoute une note antioxydante. Plus rare, l'acide galactarique protège en prime la peau contre la pollution et les agressions extérieures.
Tous partagent la même signature : une peau plus lisse, un teint plus lumineux, une surface plus uniforme. Mais aucun ne descend dans les pores. Pour cela, il faut un acide qui n'ait pas peur du gras.
Et les PHA, les plus doux de tous
Une famille plus récente mérite qu'on s'y arrête : les PHA, ou acides poly-hydroxylés — comme la gluconolactone et l'acide lactobionique. Leurs molécules, encore plus grosses que celles des AHA, restent à la surface de la peau et agissent avec une lenteur remarquable. Résultat : ils exfolient sans irriter, retiennent l'hydratation et apportent une protection antioxydante. C'est la famille des peaux sensibles, sèches, réactives ou sujettes à la rosacée — celles pour qui même un AHA doux peut être trop. Détail précieux : contrairement aux AHA et au BHA, ils n'augmentent pas la sensibilité de la peau au soleil. On les retrouve notamment dans les soins professionnels.

AHA en surface, BHA dans les pores : tout tient à l'affinité avec l'eau ou le gras
Le BHA : la descente dans les pores
Le BHA — l'acide bêta-hydroxylé, presque toujours l'acide salicylique — a justement cette particularité : il est soluble dans l'huile. Or le sébum s'accumule en grande quantité dans des pores obstrués par un excès de kératine et de cellules mortes, et le semblable attire le semblable. C'est ce qui permet au BHA de plonger dans le sébum, là où les AHA, solubles dans l'eau, restent à la surface.
Une fois à l'intérieur du pore, il dissout les cellules mortes et la kératine qui l'obstruent et permet la libération du sébum accumulé : il le désincruste de l'intérieur. C'est l'acide des peaux mixtes à grasses, des pores dilatés, des points noirs et des imperfections : il affine la surface tout en travaillant en profondeur. Et parce qu'il dissout la kératine qui bouche (une action dite kératolytique), il aide aussi à apaiser les rougeurs qui accompagnent souvent les imperfections.
Si les AHA illuminent, le BHA débouche. L'un embellit la surface, l'autre assainit la profondeur — et tout tient à cette simple différence entre l'eau et le gras.
Alors, AHA ou BHA ?
La question oppose les deux familles alors qu'elles se complètent. Le bon réflexe n'est pas de choisir un camp, mais de partir de votre peau.
Un teint terne, une peau rêche, marquée par le temps ou le soleil, qui manque d'éclat ? Les AHA sont là pour ça. Une peau qui brille dans la zone T, aux pores visibles, sujette aux points noirs et aux imperfections ? Le BHA est fait pour elle. Une peau qui coche les deux cases — et elles sont nombreuses ? Les deux familles peuvent alors travailler ensemble, l'AHA en surface, le BHA en profondeur, à condition d'avancer progressivement.
Car les acides demandent une seule discipline : la mesure. Trois principes suffisent. On commence doucement, deux à trois fois par semaine plutôt que tous les jours. On n'empile pas tout d'un coup : un rétinol, une vitamine C et trois acides le même soir, c'est l'irritation assurée. Et l'on n'exfolie jamais sans protéger, car la plupart des acides rendent la peau plus sensible au soleil — une protection solaire quotidienne n'est pas une option, mais la condition de leur efficacité.
Après l'acide, la barrière
Un dernier mot, car il relie cet article à ceux qui l'entourent. Exfolier, c'est retirer, et retirer — même en douceur — sollicite la barrière cutanée. C'est pourquoi un soin exfoliant bien mené s'accompagne toujours d'un geste qui répare : une hydratation généreuse pour repulper, et des lipides pour reconstruire ce que l'exfoliation a mis à nu.
C'est la logique d'une routine pensée dans son ensemble : on exfolie pour révéler, on hydrate pour repulper, on répare pour protéger. Chaque geste appelle le suivant — et c'est de cette barrière, ce ciment de lipides qui garde la peau souple et étanche, que nous parlerons très bientôt ici même.

Les acides exfoliants dans la gamme Laboratoire Dr Renaud
Pour retrouver ces actifs dans nos soins :
Pour l'éclat et le renouvellement (AHA) — les Disques Peeling réunissent plusieurs AHA (lactique, malique, tartrique) pour affiner le grain et raviver la lumière du teint.
Pour les pores et les imperfections (BHA) — le Gel Anti-Imperfections SeboBalance et le Masque Purifiant SeboBalance mettent l'acide salicylique au service des peaux mixtes à grasses, pour aider à désincruster et affiner la surface.
Pour combiner les deux — la gamme Clear Up associe AHA (glycolique, lactique, malique, tartrique) et BHA (salicylique) dans une même routine ciblée, pour les peaux qui cherchent éclat et netteté.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre AHA et BHA ?
Peut-on utiliser AHA et BHA ensemble ?
À quelle fréquence exfolier avec des acides ?
Les acides exfoliants conviennent-ils aux peaux sensibles ?
Faut-il une protection solaire quand on utilise des acides ?
Pour savoir quels acides conviennent à votre peau et à quel rythme, consultez une esthéticienne Laboratoire Dr Renaud.




